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L'homme plume
Publié en Aphorismes, Blog, Littérature, Méthodologie, Psychologie, Sociologie le 22 mars 2006 1 minute(s) de lecture
Ere liquide Précédent Lumières? Suivant

Couverture de \

Hommage à Flaubert, cet ouvrier de la langue, qui piochait la journée et la nuit durant, avançant au rythme des vraies découvertes et bien loin de se disputer des “lauriers couverts de merde”. La plume qu’il bride dans ses ouvrages prend le large dans son abondante correspondance. Ici, plus question de ratures, de reprises à la recherche de ce livre qui “se tiendrait lui-même par la force intérieure de son style”. L’Homme plume, une petite (mais savoureuse) sélection de lettres offre au lecteur l’occasion de comprendre la conception artistique de Flaubert (“les perles ne font pas le collier, c’est le fil”), et aussi, il faut bien le dire, de rire à gorge déployée sur certains passages.
Les lignes qui suivent m’ont semblées affreusement justes. L’humour, ce sera pour une autre fois, promis!

Ne faut-il pas connaître tous les appartements du corps social, depuis la cave jusqu’au grenier. Et même ne pas oublier les latrines, et surtout ne pas oublier les latrines! Il s’y élabore une chimie merveilleuse, il s’y fait des décompositions fécondantes. Qui sait à quels sucs d’excréments nous devons le parfum des roses et la saveur des melons? A-t-on compté ce qu’il faut de bassesses contemplées pour constituer une grandeur d’âme? tout ce qu’il faut avoir avalé de miasmes écoeurants, subi de chagrins, enduré de supplices, pour écrire une bonne page? Nous sommes cela nous autres, des vidangeurs et des jardiniers. Nous tirons des putréfactions de l’humanité des délectations pour elle-même.


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  1. Le sublimissime “Salammbô” et la très fameuse “Education sentimtale” (pour ne citer que 2 de ses oeuvres les plus célèbres chez nous) sont finalement les fleurs du mal d’une vie déchéante. C’est, ça, à mon sens, le vrai dandysme !

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