menu Menu
L'ontologie des ombres
Publié en Blog, Esthétique, Littérature le 28 janvier 2007 1 minute(s) de lecture
Voyage inactuel Précédent Opacité partielle Suivant

Couverture de \

Intéressé depuis peu par “le réalisme magique”, j’ai été convié à la lecture de Pas de lettre pour le colonel de Gabriel Garcia Marquez, prix nobel de littérature en 1982.

Le plus grand intérêt de ce court roman réside pour moi non tant dans son scénario que dans le beau classicisme de sa structure narrative. Non seulement les 127 courtes pages du roman se divisent en sept chapitres presque isométriques (environ 14 pages par chapitre), mais elles présentent également un isomorphisme narratif. En effet, chaque chapitre (avec une légère tolérance) est construit autour de la présentation d’un actant secondaire, présentation qui va également permettre d’affiner la description de l’actant principal via les interactions relatées. Pour parler métaphoriquement, on pourrait dire que dans chaque grappe textuelle l’objet principal (en l’occurrence le personnage du colonel) est soumis à un soleil différent et que c’est via la mesure des ombres projetées que cet objet est progressivement défini.

Cette construction particulière du personnage (également mise à profit pour certains personnages secondaires) lui confère, malgré le fréquent recours à un point de vue omniscient, une opacité (au sens usuel) qui permet de maintenir le suspense même sur une trame scénaristique minimaliste.


Précédent Suivant

Les commentaires sont fermés.

keyboard_arrow_up