menu Menu
Voyage inactuel
Publié en Blog, Philosophie, Recension le 30 janvier 2007 2 minute(s) de lecture
Onomastocratie Précédent L'ontologie des ombres Suivant

Couverture du journal de Schopenhauer

Grand admirateur du Monde comme volonté et comme représentation de Schopenhauer, je me faisais un devoir de lire le Journal de voyage qu’avait dû tenir le jeune Arthur lors de son périple long d’une année autour de l’Europe.

Il ne faut certes pas en demander trop à cet opus. Le récit est celui d’un jeune homme âgé de 15 ans et contraint par ses parents à la rédaction. Tout mandat d’écriture pèse lourdement sur une plume, et celle du jeune Schopenhauer n’échappe pas à la règle. Certaines dates ne consignent ainsi que le sec relevé des déplacements de la petite famille. Quant aux (trop) rares digressions du jeune Arthur, elles cèdent bien souvent leur place à diverses redondances, encore accentuées par le fait que Schopenhauer ne semble percevoir ce qui l’entoure que par la vue.

Bien que d’intérêt limité du point de vue philosophique comme littéraire (l’errance de Depardon est par contraste bien plus riche), l’oeuvre peut par contre s’apprécier en tant que document historique, et le lecteur prendra d’autant plus de plaisir à lire les pages de Schopenhauer qu’il peut reconnaître (ou non) les lieux décrits pour les avoir une fois visités.

A ce titre, il faut bien avouer que le lecteur helvétique est à l’honneur. Le petit pays a fait forte impression sur le jeune homme qui y consacre pas moins de soixante pages relatant ses échappées alpestres et urbaines. Ces évocations sont également l’occasion de nombreuses éloges (romantisme oblige) saupoudrées de quelques critiques étrangement familières (ainsi la lenteur des Suisses présentée comme définitoire).

Ce Journal de Voyage offre donc un regard inactuel à réserver à un public averti (d’histoire plus que de philosophie) ou curieux de la géographie des temps passés.


Précédent Suivant

Les commentaires sont fermés.

keyboard_arrow_up