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Concordance des temps
Publié en Blog, Littérature, Méthodologie le 27 juillet 2008 2 minute(s) de lecture
Tristes mérites Précédent Procrastinations Suivant

C’était hier. Nous posions pour la première fois les pieds à Ropraz. Bien plus qu’un village, le nom désigne des terres patientes et des paysages qui appellent à la contemplation. Horizon sans lac, mais tout aussi changeant à mesure que la lumière décline sur la campagne multicolore, le lieu facilite les pactes diaboliques et dispose les plus citadins (dont je pensais être davantage) aux marchandages de toutes sortes.

Envier la sérénité d’un tombeau, la tranquillité et le silence que partagent pour l’essentiel des personnes parvenues au bout du chemin… Tout de même, étrange rêve pour un jeune homme de presque 27 ans qui devrait courir le monde et s’enivrer d’ailleurs.

Alors certes le simple préserve l’énigme. Bien sûr le vide, que le contemporain écarte, a aussi sa plénitude. Mais il y a plus si l’on en croit un ogre tapi sur ces mêmes terres, un plus qui n’est – une fois encore – pas étranger à la littérature:

Avoir vingt ans et être plus âgé qu’aujourd’hui, épuisé de ma propre faiblesse, hanté de rythmes, de sons, de syntaxes, d’images à figurer et que je ne figurerai pas, de récits à écrire que je n’écrirai peut-être jamais, de poèmes à saisir un jour dans mes cavernes, de livres dont je ne vois pas comment assurer l’existence.
Hantise de ce que j’ai à faire de l’écriture. Des poésies, des romans à écrire, dont je m’imagine à la fois le maître et le traître. Devant la profondeur encore grise, parfois ironiquement lumineuse de ce qui attend en grâce, en menace, et je vais anxieusement de l’une à l’autre. Mauvaise vie.
Ces années-là, qu’est-ce qui me manque? C’est l’usage du temps. Son bon usage comme on dit de celui de la grammaire.

(Le simple préserve l’énigme, Jacques Chessex, pp.26-27)

En plus du temps usuel, il y a pour l’auteur un temps de l’écriture, temps gangrène qui menace de paralysie une vie entière si on le laisse s’étendre.  A ce mal, certains (dont notre ogre) répondent par l’hygiène. D’autres la refusent. Le débat n’est pas neuf et tourne souvent à la monographie, mais ce qui est certain, c’est que l’auteur, d’une manière ou d’une autre, se doit de maîtriser la concordance des temps.


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  1. Ah la bonne maîtrise du temps ! On passe sa vie à essayer de trouver la juste façon de l’employer au “mieux”. Vivre vite et bien (“optimiser” le temps comme font certaines personnes), vivre vite à fond (la philosophie rock’n’roll), vivre lentement et profiter de tous les instants, le plus possible (la fameuse philosophie carpe diem).

    J’aime assez naviguer entre toutes ces façons de vivre le temps. On a cependant toujours l’impression de mal l’utiliser malgré tout et ça nous rend aigri…

    Je choisis d’employer le temps de tel façon que je sois heureux, et pour le moment, ça fonctionne 🙂

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