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Unis vers
Publié en Blog, Esthétique, Littérature, Méthodologie le 2 mai 2008 2 minute(s) de lecture
Xénologie Précédent Manifeste vidéoludique Suivant

Photo : Roland Allard/Vu, Julien Gracq Souriant

Je citais il y a quelques temps, à l’appui des pages trop blanches, cette considération de Camus sur les diversités stylistiques. Les mots suivants de Julien Gracq vont sensiblement dans le même sens, appliquant au détail de la diégèse cette contrainte esthétique exigée par l’organicité de toute bonne oeuvre d’art:

Il y a un point de vue que je n’accepte pas du tout, c’est que le paysage sert de décor à un livre. Les paysages sont “dans le roman” comme les personnages, et au même titre. Dire quel est celui qui joue le rôle passif, le décor, et celui qui joue le rôle d’actif, n’a pas de sens pour moi. Tout cela va ensemble. Je dis souvent, et j’ai même dû l’écrire, que dans un roman ce peut être le propos d’un personnage qui fait se lever le soleil, ou, inversement, c’est un changement de temps qui, tout d’un coup, change la conduite des personnages. Tout cela est totalement soudé et il est impossible, comme dans la vie réelle, de les séparer l’un de l’autre. Ils appartiennent au roman, ils sont le roman. (in En lisant, en écrivant)

C’est également (je dis également car il ne faudrait pas l’y réduire sans quoi l’essentiel, c’est-à-dire la composante phénoménologique, serait perdue) de cette multitude que provient l’angoisse de la page blanche qui fait – définitivement sans doute – hésiter l’auteur entre la justesse résultant d’une mécanique minutieuse, d’une axiomatique esthétisante et celle qui survient, qui s’impose, avec une brève évidence.


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