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Plaidoyer numérique
6 raisons de sourire au numérique
Publié en Blog, Littérature, Publication numérique, Tout ce qui remue et qui vit le 23 septembre 2013 4 minute(s) de lecture
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Un Kindle Voyage

De nombreux lecteurs se sont enthousiasmés (merci!) pour la sortie de Tout ce qui remue et qui vit au format numérique. D’autres ont un peu l’impression de rester sur le carreau. Nous aimons tous le papier, certains ne jurent que par ça. Alors pourquoi virer digital? Pour snober les lecteurs fidèles? C’est tout le contraire. Bref plaidoyer en faveur du numérique.

1. Le numérique n’empêche pas le papier

Publier sur Amazon ou sur Publie.net ne condamne aucune publication physique. Je compte bien sortir “Tout ce qui remue et qui vit” en papier (j’ai autant que vous envie de le toucher), mais il paraîtra dans des conditions respectueuses de mes droits (cf. point 2) et à son rythme (cf. point 3).

2. Le papier empêche le numérique

Sachant que peu de contrats disposent d’une clause pour les droits numériques, ces derniers font souvent partie du paquet implicitement cédé à l’éditeur. Or actuellement, de peur de se tirer une balle dans le pied (vous savez, la vieille histoire des majors), la version numérique a tendance à stagner dans les limbes.

Il faut dire que le numérique requiert une toute autre logique commerciale. La vente dématérialisée suppose des tarifs adaptés, proches des micro-paiements. Passer de 22.- en librairie à 3.- sur un store a beau faire peur aux éditeurs réguliers, vendre un livre numérique à 17.- sur Internet, ce n’est pas disposer d’une “politique avant-gardiste en matière numérique”, c’est exercer un protectionnisme hypocrite. Surtout lorsque l’on se contente de faire passer les droits de l’auteur de 6 à 10%.

3. Le numérique permet de publier vite

Le lecteur ne s’en rend pas nécessairement compte, mais publier un livre peut prendre un temps abominable. Si vous décidez, comme moi, de changer d’éditeur, vous pourriez bien prendre pour deux ans. Il faut commencer par soumettre le manuscrit, obtenir un aval éditorial, puis attendre sa publication à une date compatible avec le calendrier de votre nouvelle écurie.

Dans l’idéal, ce temps n’est pas perdu: l’éditeur ajoute une réelle plus-value à l’ouvrage, que ce soit par ses critiques informées ou par l’organisation d’événements promotionnels. Dans la pratique (confirmée par de nombreux amis écrivains sacrément amers en off), l’éditeur est très souvent un imprimeur qui prend votre texte, l’estampille à son nom, le passe à un distributeur et court un autre poulain. Alors bien sûr, le fer de Grasset sur la fesse vernit, mais gare aux petites écuries qui jouent aux grandes. Personne ne veut d’un box sans fenêtre, surtout pendant 60 ans.

4. Le numérique aime ta grand-mère

Les publications digitales ne sont pas réservées aux seuls geeks. La possibilité offerte par toute liseuse d’agrandir les caractères permet aux personnes âgées de lire des textes autrement inaccessibles. Lors d’une dédicace chez Payot Montreux, j’ai rencontré une lectrice qui me demandait si mon ouvrage sortirait en audio. Impossible pour elle de lire les caractères imprimés au format poche. Une sortie numérique lui permettra de me lire.

5. Le numérique n’est pas un luxe

Demandez à un auteur suisse ce qu’il pense du positionnement tarifaire de son livre. Trois fois sur quatre, il le jugera trop cher (quatre fois sur quatre, un lecteur étranger le jugera inabordable). Or, en numérique, l’auteur est libre de fixer lui-même son prix de vente. Lecteur, comprends bien ceci: tous les auteurs rêvent dans leur salle de bains, mais peu croient sérieusement pouvoir vivre un jour de leurs oeuvres. S’ils écrivent, c’est pour faire des rencontres. Or plus nombreuses sont les personnes en mesure de vous lire, plus fréquentes seront les rencontres.

6. Le numérique a un visa

Finies les frontières. Français de France, Québécois, Romands exilés à NYC, tout francophone peut désormais vous lire sans attendre un hypothétique rachat de votre livre par une plus grande maison d’édition. Je ne compte pas le nombre de lecteurs étrangers qui m’ont demandé si Je connais tes oeuvres était disponible dans leur pays. C’est aussi pour eux que je commence par le numérique cette fois-ci.

Évidemment, tout n’est pas rose en terre numérique. Je vous en parlerai bientôt. Pour l’heure, disons ceci: si la littérature est bien un partage, le numérique est son meilleur allié.


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