menu Menu
Mantra
Publié en Blog, Littérature, Philosophie, Psychologie le 7 mai 2008 2 minute(s) de lecture
Chaises musicales Précédent Xénologie Suivant

Blanchot et Lévinas

Interrogé sur son lectorat, Julien Gracq – tout en se réjouissant de ne pas le connaître – se l’imaginait comme un cercle restreint de personnes préoccupées de style et qui irait diminuant au fil des ans sous la pression vorace du médiatique acharné à substituer le simulacre d’un homme à la texture d’une oeuvre. Malgré sa fidélité à José Corti, artisan tout autant qu’éditeur, malgré son pamphlet à l’encontre de la foire aux lettres (La littérature à l’estomac, 1950) qui le conduira à refuser le Goncourt, Julien Gracq a pourtant rejoint le panthéon littéraire (ses oeuvres sont disponibles en Pléiade).
Si Gracq aura donc eu plus de lecteurs qu’il n’en espérait, il n’en reste pas moins vrai que l’idée que l’auteur se fait de son oeuvre, l’exigence qu’il lui impose peuvent le confiner, lui e(s)t sa production, dans des destinées clandestines.
Maurice Blanchot (à gauche sur la photo avec Lévinas à sa droite) est sans doute l’archétype francophone de cette posture. Déjà interloqué par son Espace littéraire, son récit Celui qui ne m’accompagnait pas (1953) m’a profondément ébranlé. Il est des livres qui vous parlent malgré une opacité essentielle et dont vous sentez, à l’instar d’un mantra, qu’il vous faudra y revenir, vous l’approprier sans cesse.
De ce texte je ne citerai rien. Je m’abstiendrai même de vous le conseiller, tant je suis convaincu qu’il s’agit là d’un livre confidentiel. Mais je me devais d’y faire mention pour ceux qui, comme moi, vivent la littérature de cette façon. Je le cite également dans l’espoir, assurément contradictoire, de rencontrer d’autres solitudes.


Précédent Suivant

  1. I’m still learning from you, but I’m making my way to the top as well. I absolutely love reading everything that is written on your website.Keep the aarticles coming. I liked it!

Les commentaires sont fermés.

keyboard_arrow_up