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Former la société 4.0
Compte rendu général du séminaire UNICA des 23 et 24 mai à Zagreb
Publié en Evénement, Numérique, Philosophie, Rencontres, UNIL le 30 mai 2019 2 minute(s) de lecture
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Photo prise par le service UNICA durant la présentation « Heritage safeguarding : an area for fruitful partnership between humanities and industry »

Le séminaire des recteurs et vice-recteurs UNICA est désormais achevé. Il est évidemment impossible de rendre compte des riches échanges qui ont émaillé le programme fourni de ces deux journées. Petit tour d’horizon des grandes lignes qui ont émergé de nos discussions.

Les budgets académiques ne sont, le plus souvent, absolument pas en mesure de tenir tête aux capitaux faramineux investis par l’industrie. Les sommes allouées par des acteurs comme Amazon en matière d’intelligence artificielle sont tout bonnement spectaculaires. Or ces acteurs, au motif de la protection de leur secret industriel, ne documentent ni leurs objectifs, ni leurs méthodes, ni leurs résultats.

Face à cette opacité et ce déséquilibre de moyens, l’Université ne doit pas chercher à être « compétitive ». Autonome, elle est au contraire le lieu privilégié (voire même l’unique lieu) à même d’interroger les fins de ces technologies. Le néo-positivisme algorithmique porté par l’industrie laisse volontiers entendre que les lois régissant les phénomènes pourront être extraites des données elles-mêmes. Or nous savons que la documentation des données retenues comme l’exploitation des résultats obtenus requièrent une grande vigilance, au risque de déposséder les individus de leur capacité à construire une société en adéquation avec leurs valeurs.

Il revient donc aux Universités de poursuivre la recherche fondamentale, de documenter les bonnes pratiques en matière d’industrie 4.0, de dénoncer les abus ou les raccourcis intellectuels et de ramener sur le terrain politique des choix que la société pourrait, un peu trop vite, déléguer à des groupes essentiellement mus par des intérêts financiers.

Atteindre ces objectifs suppose de maintenir une Université aussi indépendante que possible (tâche ardue sachant que les industries se proposent volontiers de financer la recherche) et de doter les étudiant·e·s d’une compréhension approfondie et d’une connaissance de première main sur les possibilités et les limites de ces « nouvelles » technologies.

Développer l’interdisciplinarité pour enrichir nos curricula de compétences techniques, sociologiques et éthiques à même d’aider nos étudiant·e·s à penser le numérique et à former la société 4.0. Voilà la voie que se propose de suivre le réseau UNICA.

Et ce n’est certainement pas l’UNIL qui dira le contraire.


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