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	<title>Isaac Pante</title>
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	<description>L'écriture mine de rien</description>
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		<title>Pôles émiques</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Dec 2009 12:58:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[De gauche et de droite, les minarets suisses font la une. Le thème a de quoi séduire: sérieux et sexy, l&#8217;ONU comme le vingt heures peuvent montrer l&#8217;objet du doigt sans même le toucher. Et les spécialistes de disserter sans disséquer.
Car enfin, qu&#8217;y a-t-il derrière ce vote? La peur, bien sûr, en toile de fond. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">De gauche et de droite, les minarets suisses font la une. Le thème a de quoi séduire: sérieux et sexy, l&#8217;ONU comme le vingt heures peuvent montrer l&#8217;objet du doigt sans même le toucher. Et les spécialistes de disserter sans disséquer.</p>
<p style="text-align: justify;">Car enfin, qu&#8217;y a-t-il derrière ce vote? La peur, bien sûr, en toile de fond. Pas de quoi surprendre. De l&#8217;équation, c&#8217;est sans conteste la constante. Pour le reste, c&#8217;est le règne du variable. Parmi les suffrages dits xénophobes, combien d&#8217;esthétisants, combien de laïcisants? Pas sûr que du signifiant au signifié, tout soit tracé d&#8217;une ligne.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autant qu&#8217;au biais thématique, il faut ajouter le formel. L&#8217;objet tarabiscoté, les conversations mêmes peinent à le retranscrire. On a voté contre. Non, pour! Enfin contre le pour qui contre. Quand on sait que l&#8217;essentiel se décide de parlote en parlote, avant de jeter le bébé avec l&#8217;eau du bain démocratique, il faudrait se demander si on ne l&#8217;y a pas noyé.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, pas de grande surprise. La technique a beau être usée, la corde ne rompt pas: l&#8217;UDC trouve chez ses détracteurs les plus indignés la meilleure publicité. De relances en relances, les médias font grossir le pot. Et voilà le peuple à tapis, les perdants mauvais et les rues pleines.</p>
<p style="text-align: justify;">Tant de remue-ménage ferait presque oublier que ce 29 novembre, on ne votait pas que minarets, mais aussi exportation d&#8217;armes. Objet simple à deux dimensions: éthique, économique (l&#8217;ordre fixe le vote). Sur cet objet aussi, la Suisse a perdu. Mais cette fois, du 20h à l&#8217;ONU, personne pour s&#8217;indigner. Et ça, ça donne à penser.</p>
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		<title>Les règnes du partage</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 10:34:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Amis auteurs, que vous soyez scientifiques ou écrivains, adhérer à une société défendant vos droits est plus que jamais pertinent. Pro Litteris, moins connu en Suisse romande qu&#8217;allémanique malgré son caractère fédéral, s&#8217;en chargera gratuitement, moyennant une petite inscription en ligne et la déclaration de vos oeuvres dans leurs bases. En plus d&#8217;une session petits-fours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Amis auteurs, que vous soyez scientifiques ou écrivains, adhérer à une société défendant vos droits est plus que jamais pertinent. <a href="http://www.prolitteris.ch/default1.asp">Pro Litteris</a>, moins connu en Suisse romande qu&#8217;allémanique malgré son caractère fédéral, s&#8217;en chargera gratuitement, moyennant une petite inscription en ligne et la déclaration de vos oeuvres dans leurs bases. En plus d&#8217;une session petits-fours annuelle et de trois ou quatre sous grattés aux bibliothèques, l&#8217;institution offre à ses adhérents un toit (au cas où l&#8217;art se montrerait vraiment ingrat avec les vétérans de la plume) et surtout des informations tant régulières (dans de splendides gazettes) qu&#8217;irrégulières (quand l&#8217;actualité le demande).</p>
<p style="text-align: justify;">Récemment justement, on parlait de Google. On sait que via une logique du partage, le géant du net cherche surtout à régner. Du côté des ayants droits (lisez éditeurs et distributeurs), freiner des quatre fers est devenu un réflexe. Et ce ne sont pas les récentes <a href="http://www.ecrans.fr/Murdoch-Google-Microsoft,8611.html">déclarations de Murdoch</a> quand à l&#8217;intolérable gratuité de l&#8217;actualité sur internet, qui infléchiront la tendance.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant que les acteurs économiques parviennent à la River au sujet du Google Agreement (remanié récemment encore), l&#8217;auteur forcé dès l&#8217;origine au deuil d&#8217;une solvabilité purement littéraire peut se réjouir de voir ses textes manifestes gagner en accessibilité. L&#8217;auteur de Passé par les armes, dont Google propose un <a href="http://books.google.ch/books?id=oi6eibgoyaoC&amp;pg=PP1&amp;dq=isaac+pante+pass%C3%A9+par+les+armes&amp;ei=kPsMS8-gJZzuygS_raH9Ag&amp;hl=fr#v=onepage&amp;q=&amp;f=false">copieux extrait</a> est de ceux-là.</p>
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		<title>L&#8217;autre devoir</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Sep 2009 17:33:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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		<description><![CDATA[La boutique conduite à fermer, faute de personnel, l&#8217;armée suisse ne l&#8217;avait manifestement pas prévu. C&#8217;est pourtant ce que prédit une tendance à la hausse. Avec l&#8217;arrivée de la preuve par l&#8217;acte, la ségrégation d&#8217;usage lors des anciennes admissions sur dossier est révolue. La porte enfin ouverte, sans un quelconque passage par une trouble case [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La boutique conduite à fermer, faute de personnel, l&#8217;armée suisse ne l&#8217;avait manifestement pas prévu. C&#8217;est pourtant ce que prédit une tendance à la hausse. Avec l&#8217;arrivée de la preuve par l&#8217;acte, la ségrégation d&#8217;usage lors des anciennes admissions sur dossier est révolue. La porte enfin ouverte, sans un quelconque passage par une trouble case confessionnal, nombreux sont désormais ceux qui évitent de passer par les armes. Selon le 24 Heures de ce week-end, 1&#8242;800 individus par an demandaient à quitter l&#8217;uniforme gris-vert pour le <a href="http://www.swissinfo.ch/fre/infos/nouvelles_agence/Service_civil_nouveaux_uniformes_a_disposition_des_l_ete_prochain.html?siteSect=146&amp;sid=10120629&amp;cKey=1229872278000&amp;ty=ti&amp;positionT=3">bleu-marron</a>. En 2009, à la seule fin août, 4&#8242;200 demandes étaient déjà parvenues aux offices régionaux. Et Monsieur Blattmann, évidemment, de réagir (appuyé entre autres par Maurer) pour demander qu&#8217;on bloque au plus tôt une hémorragie dont on redoute l&#8217;issue fatale.  Connaissant <a href="http://isaacpante.net/?p=183">les habitudes dépensières de l&#8217;armée suisse en matière de ressources humaines</a> (auxquelles il faut ajouter <a href="http://www.lematin.ch/flash-info/suisse/recrue-armee-suisse-soins-intensifs-exercice">un récent &#8220;incident&#8221;</a>) on comprend l&#8217;inquiétude des dirigeants: quand il n&#8217;y a plus d&#8217;au suivant qui vaille, que devient celui qu&#8217;on suivait?</p>
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		<title>Le ventre de Paris</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Apr 2009 09:01:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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		<description><![CDATA[
Pour les néophytes du monde de l&#8217;édition comme pour celui qui n&#8217;a avec lui que des rapports ponctuels, faire un saut dans les coulisses dérange.

Si vous êtes des premiers, sacrifiez treize minutes au reportage de Michèle Rey et de Noé Salem. Si vous êtes des seconds, sautez aux tranches suivantes (05:31 à 07:08 et 09:39 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="400" height="300" data="http://sa.kewego.com/swf/p3/epix.swf" type="application/x-shockwave-flash"><param name="id" value="iLyROoafJ_9E" /><param name="name" value="iLyROoafJ_9E" /><param name="flashVars" value="language_code=fr&amp;playerKey=55911ece5f50&amp;skinKey=1171a309335d&amp;sig=iLyROoafJ_9E&amp;autostart=false&amp;advertise=1" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://sa.kewego.com/swf/p3/epix.swf" /></object></p>
<div style="width: 400px; text-align: justify;">Pour les néophytes du monde de l&#8217;édition comme pour celui qui n&#8217;a avec lui que des rapports ponctuels, faire un saut dans les coulisses dérange.</div>
<p></p>
<div style="width: 400px; text-align: justify;">Si vous êtes des premiers, sacrifiez treize minutes au reportage de Michèle Rey et de Noé Salem. Si vous êtes des seconds, sautez aux tranches suivantes (05:31 à 07:08 et 09:39 à 10:39), pestez une fois pour toutes contre la marchandisation de la culture et, surtout, persévérez.</div>
<div style="width: 400px;">
<div><a href="http://ma-tvideo.france3.fr/search/?q=litterature"></a></div>
</div>
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		<title>Protestantisme</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Mar 2009 10:11:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Oublier Un Juif pour l&#8217;exemple, mercantile et orgueilleux. Laisser le soldat inconnu et à Ropraz son vampire. Se contenter d&#8217;arracher les bonnes pages, les bonnes phrases, comme celles-ci, extraites du Jonas de Chessex (p.15) qui soulignent avec pertinence le rapport entre écriture et prière, orgueil et humiliation:
J&#8217;ai souvent comparé, dans mes rêveries, l&#8217;écriture à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-224" title="jonasdoreweb" src="http://isaacpante.net/wp-content/uploads/2009/03/jonasdoreweb.jpg" alt="jonasdoreweb" width="350" height="592" /></p>
<p style="text-align: justify;">Oublier <em>Un Juif pour l&#8217;exemple,</em> mercantile et orgueilleux. Laisser le soldat inconnu et à Ropraz son vampire. Se contenter d&#8217;arracher les bonnes pages, les bonnes phrases, comme celles-ci, extraites du <em>Jonas</em> de Chessex (p.15) qui soulignent avec pertinence le rapport entre écriture et prière, orgueil et humiliation:</p>
<p style="text-align: justify;"><em>J&#8217;ai souvent comparé, dans mes rêveries, l&#8217;écriture à la prière. L&#8217;une et l&#8217;autre s&#8217;exercent sous le signe de la transcendance. Il n&#8217;y a pas d&#8217;écriture à plat. Il n&#8217;y a pas de prière, même la plus maladroite ou la plus fragmentaire, qui n&#8217;élève celui qui prie au-dessus de lui-même. Il existe, chez les plus grands, des écritures timorées, prudentes, rétractiles, et comme rongées de l&#8217;intérieur par la mauvaise honte et l&#8217;horreur que s&#8217;inspire l&#8217;écrivain lui-même. Il existe une honte semblable chez celui qui prie, qui se sent indigne de ses voeux, et surtout de la transcendance à laquelle il les adresse. </em>Indignus sum qui orem<em>&#8230; J&#8217;ai connu des gens qui ne priaient plus parce qu&#8217;ils mesuraient leur mensonge à mesure qu&#8217;ils invoquaient Dieu. Et des écrivains qui n&#8217;écrivaient plus parce qu&#8217;ils étaient harassés par la vanité (ou par ce qu&#8217;ils croyaient telle) de leur propos. L&#8217;alcool, les amphétamines, l&#8217;épuisement dans le sexe des femmes, rien n&#8217;y faisait.</em></p>
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		<title>Amertumes</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Feb 2009 20:25:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Le Livre de ma mère d&#8217;Albert Cohen n&#8217;était censé être qu&#8217;une petite distraction. Bref ouvrage d&#8217;une centaine de pages, couverture figurant une toile paisible d&#8217;August Macke, j&#8217;imaginais dans ces feuillets prendre congé de mes thématiques usuelles. Grossière erreur. Aux pompes funèbres générales où j&#8217;ai achevé sa lecture,  Le Livre de ma mère ne détonnait pas. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="alignnone" title="Le Livre de ma mère" src="http://www.fabula.org/actualites/documents/11392.jpg" alt="" width="282" height="475" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Le Livre de ma mère</em> d&#8217;Albert Cohen n&#8217;était censé être qu&#8217;une petite distraction. Bref ouvrage d&#8217;une centaine de pages, couverture figurant une toile paisible d&#8217;August Macke, j&#8217;imaginais dans ces feuillets prendre congé de mes thématiques usuelles. Grossière erreur. Aux pompes funèbres générales où j&#8217;ai achevé sa lecture,  <em>Le Livre de ma mère</em> ne détonnait pas. S&#8217;il s&#8217;agit bien d&#8217;amour filial, s&#8217;il s&#8217;agit bien de quelques souvenirs rassemblés, l&#8217;ensemble évoque davantage le pot pourri que le frais bouquet.</p>
<p style="text-align: justify;">Attention. N&#8217;y voyez aucune critique. Comprenez simplement que s&#8217;il s&#8217;agit certes de mère, il s&#8217;agit avant tout de mort. Que si l&#8217;opus s&#8217;intitule <em>Le livre de ma mère</em>, on aurait tout aussi bien pu l&#8217;appeler <em>Le Livre de ma mort</em> tant y est aiguë l&#8217;expérience de ce deuil à nul autre pareil, tant y est intime la douleur ressassée, encore et encore, selon la génétique textuelle propre à Cohen.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la perspective résolument athée de l&#8217;ouvrage, la mort de la mère se double d&#8217;une portée métaphysique. Ce corps qui se désagrège dans la terre carnivore (terre souvent évoquée au fil des pages, comme s&#8217;il était possible, dans l&#8217;horreur de la putréfaction, dans la contemplation résolue de cette transformation, de se tenir au plus proche de la vérité humaine) ce corps donc a raison de toutes les raisons et confine l&#8217;individu à une indépassable solitude en souffrance(s). L&#8217;origine du monde anéantie, il ne reste que des fins qui tardent à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Ton crépusculaire, horizon à la Cioran. Avec pareille noirceur, la référence est inévitable. Mais à choisir l&#8217;archétype du désespoir, on risque de manquer la singularité d&#8217;un genre. En plus des nombreux avatars cités dans l&#8217;appareil critique du folioplus consacré au tombeau poétique offert par Cohen à sa mère, il faudrait également ajouter l&#8217;encore inédit <em>Journal de deuil</em> de Roland Barthes (quelques extraits <a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/20090129/10304/je-ne-suis-pas-en-deuil-jai-du-chagrin">ici</a>) et <em>Entretien avec ma mère</em> des frères Taviani, belle invention sur l&#8217;impossible oeuvre de Pirandello à sa mère décédée dans laquelle la rupture de l&#8217;intersubjectivité apparaît avec la plus grande force.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce court-métrage, errant dans la demeure familiale abandonnée, le vieux Pirandello s&#8217;assied et rencontre le fantôme de sa mère qui tente en vain de le consoler de son absence. Elle: &#8220;Tu pourras toujours penser à moi&#8221;; lui: &#8220;Mais toi, tu ne penseras plus jamais à moi.&#8221;</p>
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		<title>IMPORT / EXPORT</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Nov 2008 17:10:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Mort]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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		<description><![CDATA[
Il m&#8217;aura fallu m&#8217;acharner pour aller assister à la projection d&#8217;IMPORT/EXPORT. Visites d&#8217;appartements quotidiennes, rencontres diverses et travail virulent m&#8217;en auront tenu écarté pendant plus d&#8217;une semaine. Une erreur de lecture du programme m&#8217;a même conduit à la rencontre de Dorothy, sorte de mélange assez fade entre l&#8217;exorciste, le sixième sens et Breaking the Waves. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;" mce_style="text-align: center;"><img class="aligncenter" title="Affiche dIMPORT/EXPORT" src="http://importexport.ulrichseidl.com/Import-Export-Affiche.jpg" mce_src="http://importexport.ulrichseidl.com/Import-Export-Affiche.jpg" alt="" width="300"></p>
<p style="text-align: justify;" mce_style="text-align: justify;">Il m&#8217;aura fallu m&#8217;acharner pour aller assister à la projection d&#8217;IMPORT/EXPORT. Visites d&#8217;appartements quotidiennes, rencontres diverses et travail virulent m&#8217;en auront tenu écarté pendant plus d&#8217;une semaine. Une erreur de lecture du programme m&#8217;a même conduit à la rencontre de <i>Dorothy</i>, sorte de mélange assez fade entre <i>l&#8217;exorciste</i>, <i>le sixième sens</i> et <i>Breaking the Waves</i>. Mais à force d&#8217;égrener le chapelet des péripéties, ma prière s&#8217;est vue exaucée. Et croyez-moi, le jeu en valait la chandelle.</p>
<p style="text-align: justify;" mce_style="text-align: justify;">Si vous êtes comme moi de fins amateurs de l&#8217;émission <a title="Page de Strip-Tease (France 3)" href="http://strip-tease.france3.fr/index-fr.php?page=accueil" mce_href="http://strip-tease.france3.fr/index-fr.php?page=accueil">Strip-Tease</a>, vous ne devriez pas être dépaysés: aucune voix-off, un scénario toujours présent à l&#8217;image, comme incrusté en elle, et les aléas de deux vies en cul-de-sac, deux trajectoires où ne se distinguent ni ascension ni déchéance.</p>
<p style="text-align: justify;" mce_style="text-align: justify;">En achetant notre ticket au <a title="Programme du Zinéma" href="http://www.zinema.ch/" mce_href="http://www.zinema.ch/">ZInema</a>, nous avions été prévenus: le film serait très dur. En réalité, c&#8217;est plutôt de crudité, de nudité dont il faudrait parler. Si la misère affichée déboussole au départ, son omniprésence en fait vite un nouveau cadre dans lequel chaque événement obtient une pondération différente. A l&#8217;instar des contextes de guerre où les atrocités finissent par ne plus choquer ceux qui les font, IMPORT/EXPORT impose son propre système de valeurs dans lequel les formes les plus contemporaines du sexe comme de la mort peuvent se montrer sans voile.</p>
<p style="text-align: justify;" mce_style="text-align: justify;">Pour créer cette atmosphère, en plus de décors qui ne s&#8217;inventent pas et de performances indéniables de la part des acteurs principaux, le film s&#8217;adjoint un certain nombre de quasi-actants qui renforcent constamment le sentiment de réel. On relèvera à ce titre l&#8217;ouverture sur l&#8217;enfant au hoquet, l&#8217;interaction d&#8217;un des personnages principaux avec un chien hargneux et, surtout, la présentation de personnes très âgées et manifestement aliénées.</p>
<p style="text-align: justify;" mce_style="text-align: justify;">Face à cette exposition frontale, il semble difficile de faire autre chose que de prendre acte. Et à vrai dire, ce serait déjà beaucoup. Pourtant, dans cette oeuvre qui pourrait presque confiner au documentaire si ne s&#8217;y injectaient quelques parallèles dans la réalisation, dans cette horizontalité de la condition humaine, une légère grâce parvient à surgir, aussi discrète qu&#8217;une danse silencieuse dans les sous-sols d&#8217;un hospice.</p>
<p style="text-align: justify;" mce_style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;" mce_style="text-align: center;"><img title="&quot;allowFullScreen&quot;:&quot;true&quot;,&quot;allowscriptaccess&quot;:&quot;always&quot;,&quot;src&quot;:&quot;http://www.youtube.com/v/ShpW27jT5m8&amp;hl=en&amp;fs=1&quot;" class="mceItemFlash" src="http://isaacpante.net/wp-includes/js/tinymce/plugins/media/img/trans.gif" mce_src="http://isaacpante.net/wp-includes/js/tinymce/plugins/media/img/trans.gif" height="344" width="425"></p>
<p style="text-align: justify;" mce_style="text-align: justify;">
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		<title>Tristes mérites</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jul 2008 00:48:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Recension]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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J&#8217;ai découvert aujourd&#8217;hui le dernier récit de Jean-Denis Bredin et son indéniable congruence. Ce que l&#8217;auteur se propose de décrire dans Trop bien élevé en livrant les (brèves) mémoires de ses premières années est surtout montré à même la narration. Tout au long du récit, l&#8217;écriture demeure excessivement polie, évoquant événements et personnages avec une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img src="http://www.er.uqam.ca/nobel/m174774/images/famille_piano.jpg" alt="" width="430" height="436" /></p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai découvert aujourd&#8217;hui le dernier récit de Jean-Denis Bredin et son indéniable congruence. Ce que l&#8217;auteur se propose de décrire dans <em>Trop bien élevé</em> en livrant les (brèves) mémoires de ses premières années est surtout montré à même la narration. Tout au long du récit, l&#8217;écriture demeure excessivement polie, évoquant événements et personnages avec une pudeur toute bourgeoise. Privée d&#8217;innovation formelle et de scènes remarquables, la qualité de l&#8217;oeuvre se trouve donc entièrement contenue dans la vérité qu&#8217;elle illustre, une vérité qui (à défaut d&#8217;emporter le lecteur dans une quelconque révolte) parvient à se montrer très touchante. Car même parvenu à presque 80 ans (l&#8217;auteur est né en 1929) Jean-Denis Bredin livre ici un ouvrage définitivement empêché, prude, et qui confirme cette prophétie qu&#8217;il comporte:</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Excusez-moi, oui, excusez-moi si je suis là, car je vous gêne. Si vous m&#8217;avez bousculé, c&#8217;est que je n&#8217;aurais pas dû me trouver sur votre chemin. Si vous êtes de mauvaise humeur, je dois y être pour quelque chose. Comment vivre, marcher, respirer sans déranger? Frapper avant d&#8217;entrer, s&#8217;effacer dans les portes, sourire, toujours sourire&#8230; Il ne suffira pas d&#8217;une vie entière pour se faire pardonner d&#8217;exister.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Bien moins dense et virulent que <em>Mars</em> de Fritz Zorn, <em>Trop bien élevé</em> se montre donc tout aussi tragique en offrant le portrait discret d&#8217;un homme incapable, jusque dans ses dernières années, de vaincre les conditionnements de son enfance. Les deux ouvrages mis côte à côte et les destins funestes comparés, une résolution s&#8217;impose: puisqu&#8217;<em>il y a des morts auxquels la mort convient</em>, il faut s&#8217;efforcer, à tout prix, de ne pas en être.</p>
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		<title>Concordance des temps</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Jul 2008 12:34:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Méthodologie]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;était hier. Nous posions pour la première fois les pieds à Ropraz. Bien plus qu&#8217;un village, le nom désigne des terres patientes et des paysages qui appellent à la contemplation. Horizon sans lac, mais tout aussi changeant à mesure que la lumière décline sur la campagne multicolore, le lieu facilite les pactes diaboliques et dispose [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;était hier. Nous posions pour la première fois les pieds à Ropraz. Bien plus qu&#8217;un village, le nom désigne des terres patientes et des paysages qui appellent à la contemplation. Horizon sans lac, mais tout aussi changeant à mesure que la lumière décline sur la campagne multicolore, le lieu facilite les pactes diaboliques et dispose les plus citadins (dont je pensais être davantage) aux marchandages de toutes sortes.</p>
<p style="text-align: justify;">Envier la sérénité d&#8217;un tombeau, la tranquillité et le silence que partagent pour l&#8217;essentiel des personnes parvenues au bout du chemin&#8230; Tout de même, étrange rêve pour un jeune homme de presque 27 ans qui devrait courir le monde et s&#8217;enivrer d&#8217;ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors certes le simple préserve l&#8217;énigme. Bien sûr le vide, que le contemporain écarte, a aussi sa plénitude. Mais il y a plus si l&#8217;on en croit un ogre tapi sur ces mêmes terres, un plus qui n&#8217;est &#8211; une fois encore &#8211; pas étranger à la littérature:</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avoir vingt ans et être plus âgé qu&#8217;aujourd&#8217;hui, épuisé de ma propre faiblesse, hanté de rythmes, de sons, de syntaxes, d&#8217;images à figurer et que je ne figurerai pas, de récits à écrire que je n&#8217;écrirai peut-être jamais, de poèmes à saisir un jour dans mes cavernes, de livres dont je ne vois pas comment assurer l&#8217;existence.<br />
Hantise de ce que j&#8217;ai à faire de l&#8217;écriture. Des poésies, des romans à écrire, dont je m&#8217;imagine à la fois le maître et le traître. Devant la profondeur encore grise, parfois ironiquement lumineuse de ce qui attend en grâce, en menace, et je vais anxieusement de l&#8217;une à l&#8217;autre. Mauvaise vie.<br />
Ces années-là, qu&#8217;est-ce qui me manque? C&#8217;est l&#8217;usage du temps. Son bon usage comme on dit de celui de la grammaire.</em></p>
<p style="text-align: right;">(<em>Le simple préserve l&#8217;énigme</em>, Jacques Chessex, pp.26-27)</p>
<p style="text-align: justify;">En plus du temps usuel, il y a pour l&#8217;auteur un temps de l&#8217;écriture, temps gangrène qui menace de paralysie une vie entière si on le laisse s&#8217;étendre.  A ce mal, certains (dont notre ogre) répondent par l&#8217;hygiène. D&#8217;autres la refusent. Le débat n&#8217;est pas neuf et tourne souvent à la monographie, mais ce qui est certain, c&#8217;est que l&#8217;auteur, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, se doit de maîtriser la concordance des temps.</p>
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		<title>Procrastinations</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jul 2008 20:26:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>

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		<description><![CDATA[La vie quotidienne offre mille occasions de nous en remettre à la &#8220;procrastination&#8221;. Si l&#8217;étymologie latine se lit avec clarté dans ce terme savant, elle ne suffit pas à couvrir l&#8217;intension du concept, et encore moins ses connotations négatives. &#8220;Remettre au lendemain&#8221; a beau décrire avec exactitude le processus, la phénoménologie qui accompagne une telle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La vie quotidienne offre mille occasions de nous en remettre à la &#8220;procrastination&#8221;. Si l&#8217;étymologie latine se lit avec clarté dans ce terme savant, elle ne suffit pas à couvrir l&#8217;intension du concept, et encore moins ses connotations négatives. &#8220;Remettre au lendemain&#8221; a beau décrire avec exactitude le processus, la phénoménologie qui accompagne une telle démarche fait défaut.</p>
<p style="text-align: justify;">Car la procrastination, c&#8217;est avant tout un présent hanté. C&#8217;est avant tout le résultat d&#8217;une attitude qui, sous prétexte de libérer du temps, revient en réalité à prendre ce dernier en otage. De là son caractère négatif: comprise en son sens usuel, la procrastination revient le plus souvent à &#8220;perdre son temps&#8221; sous un quelconque prétexte, ainsi que l&#8217;illustre cet épisode de <em>Tales of mere existence</em> du désormais bien connu Lev Yilmaz.</p>
<p style="text-align: center;"><object width="425" height="344" data="http://www.youtube.com/v/4P785j15Tzk&amp;hl=en&amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/4P785j15Tzk&amp;hl=en&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Du prétexte au pré-texte il n&#8217;y a qu&#8217;un pas, d&#8217;autant que la procrastination fait partie intégrante de l&#8217;expérience littéraire. Car s&#8217;il s&#8217;agit bien &#8211; avec Flaubert -  de boire un océan et de le repisser, quand arrêter de boire sachant qu&#8217;on ne pourra jamais absorber l&#8217;immensité des flots? Si l&#8217;écriture est &#8211; avec Blanchot &#8211; aussi et surtout affaire de la main qui retient, quand se résoudre à l&#8217;écarter pour noircir des pages? Même Valéry avait à ce propos une maxime: <em>après quelques assauts infructueux, ne renonce pas, n&#8217;insiste non plus. Mais garde ce problème dans les caves de ton esprit où il s&#8217;améliore. Changez tous les deux</em>. Sage précepte assurément, mais qui n&#8217;évoque une fois de plus aucun critère à même de déterminer à l&#8217;avance si, dans l&#8217;ombre des celliers, le vin devient millésime ou tourne au vinaigre.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut de circonscrire le concept, nous pouvons cependant nous satisfaire d&#8217;un <em>air de famille,</em> préférer une extension nécessairement incomplète à une intension nécessairement bancale, faire, en somme, un inventaire des situations où la procrastination est hors de tout doute.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est justement une telle approche qu&#8217;a choisi Johnny Kelly avec (à mon sens) beaucoup de réussite. Je vous laisse avec cette séquence, en souhaitant qu&#8217;elle nous mènera ensuite  à des tâches plus productives.</p>
<p style="text-align: center;"><object width="425" height="344" data="http://www.youtube.com/v/UXziurFkQxM&amp;hl=en&amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ojcEQO74taQ&amp;hl=en&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object></p>
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