Ere liquide
Enfin un ouvrage pertinent!
Cri trop dur? Non. Remarque légitime en un temps où la grande majorité des messages médiatiques n’est, comme le notait déjà Bourdieu dans son petit ouvrage sur la télévision, faite que “d’idées déjà reçues” et où la soi-disant “résistance” se cache sous la poussière des anciens pour ne pas être vue.
La Société assiégée de Zygmunt Bauman renoue avec la bonne érudition: non pas celle qui encombre la pensée mais bien celle qui la libère. Au fil des pages, l’adage selon lequel “il n’y a pas de choses inintéressantes mais que des personnes peu intéressées” se vérifie pour notre plus grand bonheur. De Sénèque au maillon faible, d’Annah Arendt au téléphone portable, tout se révèle riche d’enseignements.
Malgré quelques redondances et une succession de chapitres qui laissent songer davantage à une refonte d’articles qu’à un véritable organisme, le livre se dévore comme un roman et l’on prend un plaisir inquiet à suivre l’enseignement de cet Howard Beal contemporain (cf. l’incontournable Network de Sydney Lumet).
Peu de réponses dans la société assiégée, mais des questions mieux écrites, plus justes, adaptées à cette ère liquide qui est désormais la nôtre et où, comme le disait Ralph Waldo Emerson heureusement cité par Bauman:
Pour survivre sur une fine couche de glace, il faut patiner vite
Filed under: Aphorismes, Recension, Sociologie on mars 26th, 2006

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