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	<title>Isaac Pante &#187; Littérature</title>
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	<description>L'écriture mine de rien</description>
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		<title>Pauvre comme Bartleby</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 08:34:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans le précédent billet, je vous avais promis une suite sur ce bon vieux Bartleby. Aujourd&#8217;hui, je m&#8217;acquitte de la tâche en vous faisant lire la Bible. Athées, restez. Vraiment, peu importe la croyance. Sans foi on lit mieux. D&#8217;ailleurs, on connaît d&#8217;anciens rouges qui ne s&#8217;en passent plus. Erri …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://isaacpante.net/le-visage-de-bartleby/">Dans le précédent billet</a>, je vous avais promis une suite sur ce bon vieux Bartleby. Aujourd&#8217;hui, je m&#8217;acquitte de la tâche en vous faisant lire la Bible. Athées, restez. Vraiment, peu importe la croyance. Sans foi on lit mieux. D&#8217;ailleurs, on connaît d&#8217;anciens rouges qui ne s&#8217;en passent plus. Erri de Lucca fréquente quotidiennement le Livre, mâchonne des versets comme <a href="http://www.evene.fr/livres/livre/erri-de-luca-noyau-d-olive-10226.php">des noyaux d&#8217;olives</a> et se couche la tête huilée sans pour autant parvenir à s&#8217;adresser à Dieu. Au contraire de Job. Vous savez, le pauvre Job.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;en venir à Bartleby, petit pitch de l&#8217;épisode biblique. Inutile vous dites? C&#8217;est vrai que l&#8217;histoire de Job, tout le monde croit la connaître. Job le disait déjà: <em>[Dieu] a fait de moi un sujet de proverbes pour les peuples</em> (17,6). Vous savez donc que Satan parie à Dieu qu&#8217;il fera fléchir son plus fidèle serviteur en l&#8217;accablant de mille maux. Vous savez aussi que Dieu accepte. Que Satan s&#8217;acharne. Et perd. Car malgré l&#8217;avalanche de malheurs, Job, ruiné dans ses affaires comme dans sa chair, ne trahit pas son Seigneur. Et tout est bien qui finit bien, car il l&#8217;a dit en vérité.</p>
<p style="text-align: justify;">Seulement voilà: le livre de Job, ce n&#8217;est pas du tout l&#8217;histoire d&#8217;un homme infaillible, pas du tout un texte sur la fidélité au divin que personne, en réalité, ne remet jamais en doute. Là vous faites de gros yeux, mais croyez-moi, cela se passe ailleurs. Si vous avez le temps, <a href="http://www.info-bible.org/lsg/18.Job.html">revenez au texte</a>. Vous verrez déjà que le livre de Job est une petite merveille littéraire. Elans nihilistes, humour, passion, trahison, vengeance. Tout y est. Si vous êtes pressé, lisez au moins ces quelques lignes:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre maternel? Pourquoi n&#8217;ai-je pas expiré au sortir du vendre de ma mère? Pourquoi ai-je trouvé des genoux pour m&#8217;accueillir et des seins pour m&#8217;allaiter? En effet, maintenant je serais couché, tranquille, je dormirais en ce moment en plein repos avec les rois et les conseillers de la terre qui se sont construit des monuments aujourd&#8217;hui en ruine, ou avec les princes qui possédaient de l&#8217;or et qui accumulaient de l&#8217;argent dans leurs maisons. Ou bien comme l&#8217;enfant mort-né qui est resté caché, je n&#8217;existerais pas, pareil aux tout-petits qui n&#8217;ont pas vu la lumière. Là, les méchants cessent de s&#8217;agiter, là se reposent ceux qui sont fatigués, sans force. Les prisonniers s&#8217;y retrouvent tous en paix, ils n&#8217;entendent plus la voix de l&#8217;oppresseur. (3, 11-18)</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Mais si le livre de Job ne parle pas de fidélité à Dieu, de quoi alors? De comptabilité pour commencer. Amis et victime débattent, parfois presque de manière socratique, sur l&#8217;existence d&#8217;un lien entre fortune et bonne conduite.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Job, cela ne fait aucun doute: ses bonnes actions et sa brutale malédiction sont incommensurables. Si toute cette douleur est une rançon, il se demande bien de quelle gloire. Pour lui, pas de lien entre bonheur et bonnes actions.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ses amis par contre, Job paie une addition. On le connaît irréprochable, mais s&#8217;il est si malheureux, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;a pas dû se montrer si impeccable qu&#8217;il le dit. D&#8217;ailleurs, l&#8217;orgueil qu&#8217;il emploie à se défendre est un pêché en soi, que seule la femme, tentatrice perpétuelle, excite.<sup class='footnote'><a href='#fn-541-1' id='fnref-541-1' onclick='return fdfootnote_show(541)'>1</a></sup></p>
<p style="text-align: justify;">Alors, comment sort-on de cette aporie? Comment cette question est-elle résolue?</p>
<p style="text-align: justify;">La venue du Tout-puissant met un terme à la dispute. L&#8217;Eternel donne raison à Job et critique la bassesse du raisonnement économique de ses amis. Plaidoirie inutile pour Job à qui l&#8217;apparition suffit: <em>Mon oreille avait entendu parler de toi; Mais maintenant mon œil t&#8217;a vu (42, 5)</em>. Les amis de Job obéissent à leur tour. Le Deus ex machina autorise un magnifique happy end biblique. Job est enfin payé pour sa fidélité.<sup class='footnote'><a href='#fn-541-2' id='fnref-541-2' onclick='return fdfootnote_show(541)'>2</a></sup></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;Eternel lui accorda le double de tout ce qu&#8217;il avait possédé (42, 10) et bénit la dernière partie de la vie de Job beaucoup plus que la première. [Job] posséda 14&#8217;000 brebis, 6&#8217;000 chameaux, 1&#8217;000 paires de boeufs et 1&#8217;000 ânesses. (42, 12)]</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Voilà pour la question comptable. Mais une fois de plus, le livre de Job ne s&#8217;y résume pas. Tout aussi important sinon plus, le texte interroge la compassion des hommes. En lisant de près, on voit bien que Job n&#8217;adresse pas tant ses plaintes à l&#8217;Eternel qu&#8217;à ses amis.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Déjà maintenant, mon témoin est dans le ciel, mon défenseur est dans les lieux élevés. Mes amis se moquent de moi? C&#8217;est Dieu que j&#8217;implore avec mes larmes. Puisse-t-il être l&#8217;arbitre entre l&#8217;homme et Dieu, entre l&#8217;être humain et son ami! (16, 18-21)</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Eternel apparu, Job pourra d&#8217;ailleurs enfin compter sur le soutien moral imploré dès le premier chapitre.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Les frères, les soeurs et les anciennes connaissances de Job vinrent tous lui rendre visite, et ils mangèrent avec lui en sa maison. Il lui exprimèrent leur compassion et le réconfortèrent à cause de tout le malheur que l&#8217;Eternel avait fait venir sur lui (42, 11).</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Bien. Maintenant, pourquoi toute cette discussion, et quel lien avec Bartleby?</p>
<p style="text-align: justify;">La réponse est dans le texte. Durant la dernière visite au scribe dans la cour de sa prison, le narrateur se penche sur un corps froid. &#8220;Dites-moi qu&#8217;il dort&#8221; demandera le geôlier. Oui répondra le narrateur, &#8220;avec les rois et les conseillers&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec les rois et les conseillers? Que viennent-ils faire là? Pour un Narrateur qui s&#8217;est montré jusque-là plutôt psychologue, voire sociologue de sa propre gêne face à l&#8217;encombrant Bartleby, cela sonne faux. Que viennent faire les rois et les conseillers à Wall Street? Mais cela vous rappelle quelque chose n&#8217;est-ce pas? Eh oui, le livre de Job.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>En effet, maintenant je serais couché, tranquille, je </em><strong><em>dormirais</em></strong><em> en ce moment en plein repos avec</em><strong><em> les rois et les conseillers</em></strong><em> de la terre. (3, 14)</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Maintenant, deux possibilités. Première option, la citation pourrait n&#8217;être qu&#8217;une façon érudite de signaler que le pauvre Bartleby n&#8217;avait rien à envier à Job en terme de souffrances. Sachant que le texte n&#8217;est pas particulièrement riche en citations intertextuelles, et que ce verset n&#8217;apparaît pas dans un lieu secondaire du récit, on peut considérer que c&#8217;est là l&#8217;hypothèse faible.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;hypothèse forte, nettement plus intéressante, affirme que <strong>la nouvelle de Melville constitue une réécriture moderne du testament de Job</strong>. C&#8217;est la piste que je vais suivre pour achever ce billet.</p>
<p style="text-align: justify;">Reprenons le casting. Le rôle de Job revient bien évidemment à Bartleby. Il le mérite à quadruple titre.</p>
<p style="text-align: justify;">Premièrement, comme Job, Bartleby a souffert, affreusement. Si les maux restent flous, le narrateur ne laisse aucun doute sur leur intensité: <em>Imaginez un homme condamné par la nature et l&#8217;infortune à une blême désespérance</em>. &#8220;Condamné par la nature et l&#8217;infortune&#8221;. Le vocabulaire semble tout droit sorti du Livre.</p>
<p style="text-align: justify;">Deuxièmement, Bartleby a avant tout une posture de révolte. Deleuze l&#8217;avait bien compris, en y plaçant (hélas) un volontarisme farouche qui n&#8217;avait rien à y faire. Si on peut bien parler de résistance, c&#8217;est sous une forme bien plus passive<sup class='footnote'><a href='#fn-541-3' id='fnref-541-3' onclick='return fdfootnote_show(541)'>3</a></sup> que celle rêvée par le philosophe. Reste que l&#8217;un comme l&#8217;autre décident d&#8217;en finir avec la vie sans pour autant commettre un acte suicidaire. Ils attendent de la mort qu&#8217;elle les délivre, sans pour autant la provoquer.</p>
<p style="text-align: justify;">Troisièmement, Job comme Bartleby cherchent davantage la compassion humaine que la justice divine. Souvenez-vous: de son point de vue, Job demeure fidèle à Dieu tout au long de sa plainte. Tout ce qu&#8217;il attend du Seigneur, c&#8217;est qu&#8217;il prenne pitié de ses souffrances et le délivre:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Si seulement mon voeu pouvait se réaliser! Si seulement Dieu pouvait m&#8217;accorder ce que j&#8217;attends! Que Dieu consente donc à m&#8217;écraser, qu&#8217;il libère sa main et m&#8217;achève! Ile me restera au moins une consolation, une joie malgré la douleur dont il m&#8217;accable: c&#8217;est que jamais je n&#8217;ai négligé les paroles du Saint 6:11,12).</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Mais de ses amis, il attend davantage:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Celui qui souffre a droit à la bienveillance de son ami, même s&#8217;il abandonne la crainte du Tout-Puissant. Mes frères m&#8217;ont trompé comme le fait un torrent, comme les cours d&#8217;eau qui disparaissaient. La fonte des glaces assombrit leur eau, la neige s&#8217;y dissimule (6, 16-17).</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Nous avons vu que cette compassion demandée par Job est indispensable au récit de Melville. <a href="http://isaacpante.net/le-visage-de-bartleby/">Dans le précédent billet</a>, j&#8217;ai montré à quel point la posture de Bartleby tenait toute entière dans la dette contractée face au visage du scribe.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, quatrième point en lien avec le débat philosophique évoqué plus haut, Job refuse l&#8217;idée d&#8217;une quelconque comptabilité divine. Or Bartleby n&#8217;est-il pas amené à penser de même? Souvenez-vous de la rumeur rapportée par le Narrateur: avant de gagner l&#8217;office de Wall Street, Bartleby aurait eu pour tâche de brûler les lettres mises au rebut. Quelles lettres? Toutes celles qui ne sont pas parvenues à leur destinataire. Or lesquelles de ces lettres Melville décide-t-il de relater? Ce n&#8217;est pas anodin. Imaginez toutes les lettres qui se perdent. Lesquelles Melville choisit-il d&#8217;évoquer? Les factures? Les mots d&#8217;insultes? Les plaintes des avocats? Non. Tout le contraire:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Parfois, des feuillets pliés, le pâle employé tire un anneau : le doigt auquel il fut destiné s&#8217;effrite peut-être dans la tombe ; un billet de banque que la charité envoya en toute hâte : celui qu&#8217;il eût secouru ne mange plus, ne connaît plus la faim ; un pardon pour des êtres qui moururent bourrelés de remords; un espoir pour des êtres qui moururent désespérés; de bonnes nouvelles pour des êtres qui moururent accablés par le malheur. Messages de vie, ces lettres courent vers la mort.</em></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Voilà ce que relate Melville: des &#8220;pardons&#8221; jamais arrivés, des dons niés par le temps. Bref, de bonnes actions non comptabilisées avec lesquelles tant Job (dans sa chair) que Bartleby (dans sa mise au rebut) sont aux prises directes.</p>
<p style="text-align: justify;">Inutile de multiplier les arguments. Vous devriez être convaincus pour ce qui est de l&#8217;analogie Job-Bartleby. Reste bien évidemment à pourvoir les autres rôles. Ce n&#8217;est pas bien difficile: les amis seront joués par le narrateur et son entourage. La compassion est du côté du premier. C&#8217;est en effet lui qui ménage le scribe improductif, lui &#8220;cède&#8221; ses locaux et va jusqu&#8217;à le nourrir en prison. Lui aussi qui clôture sur ce cri du coeur: &#8220;Ah! Bartleby! Ah! humanité!&#8221;</p>
<p style="text-align: justify;">En somme, le seul rôle que Melville ne repourvoit pas, c&#8217;est celui de Dieu. Ici, la place est vide. Sans l&#8217;intervention totalitaire du tout-puissant, pas de happy end biblique. A la place, la mort comme délivrance et l&#8217;appel d&#8217;un visage à la compassion des hommes, seul soutien dans un monde déserté par l&#8217;Eternel. On comprend que Camus s&#8217;y soit senti bien.</p>
<hr />
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<div class='footnotes' id='footnotes-541'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-541-1'>Selon elle, si Job a été frappé, c&#8217;est par caprice divin. Mieux vaut donc maudire Dieu et mourir (Job 2, 9)  ce que le Testament de Job, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pseud%C3%A9pigraphe">livre pseudépigraphique</a>, dit qu&#8217;elle fit, après avoir vendu ses cheveux à Satan pour regagner l&#8217;argent perdu à cause des paris célestes. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-541-1'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-541-2'>On notera que ce Deus ex machina ne résout pas le problème philosophique de fond. L&#8217;Eternel, a beau donner raison à Job et critiquer la bassesse du raisonnement économique de ses amis, le tout-puissant n&#8217;en sort jamais, ni théoriquement, ni pratiquement. D&#8217;un point de vue théorique, si les hommes ne peuvent calculer ce qui leur est dû, ce n&#8217;est pas tant parce que la répartition des biens échappe à tout calcul, mais parce que la comptabilité globale est nécessairement inaccessible aux pauvres mortels. D&#8217;un point de vue pratique, l&#8217;Eternel agit néanmoins en comptable sommaire. L&#8217;attitude des amis est sanctionnée par de coûteux sacrifices. Quand à la détermination de Job, elle mérite salaire. Le reste de la création attendra. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-541-2'>&#8617;</a></span></li>
<li id='fn-541-3'>A ce propos, si vous cherchez une relecture résolument hargneuse du testament de Job, faites un tour dans Le Grand Passage de McCarthy. Le texan y relate le face-à-face entre un curé et un survivant qui assiège une église en ruine. Inutile de lire le texte entier pour s&#8217;apercevoir que du côté des cow-boys, la vache se mange enragée. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-541-3'>&#8617;</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Le visage de Bartleby</title>
		<link>http://isaacpante.net/le-visage-de-bartleby/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 15:50:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Philosophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le hasard fait bien les choses. Une soirée libre, deux billets offerts à la dernière minute (merci Olivier!) et voici Bartleby lu par Pennac à Beausobre. L&#8217;écrivain a donné de la nouvelle de Melville une lecture sensible, passionnée. Le contraste entre les emportements du narrateur et le &#8220;Je préférerais pas&#8221; …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le hasard fait bien les choses. Une soirée libre, deux billets offerts à la dernière minute (merci Olivier!) et voici <a title="Lecture de Bartleby à Beausobre (Pennac)" href="http://www.beausobre.ch/spectacle.php?id=27" target="_blank">Bartleby lu par Pennac à Beausobre</a>. L&#8217;écrivain a donné de la nouvelle de Melville une lecture sensible, passionnée. Le contraste entre les emportements du narrateur et le &#8220;Je préférerais pas&#8221; du scribe ont rendu la salle hilare, au point de vous mettre mal à l&#8217;aise. C&#8217;est comme si, chez les spectateurs, la douleur de Bartleby était soluble dans le comique de répétition.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ceux qui ignorent le récit, un pitch rapide. Le narrateur &#8211; un notaire de Wall Street &#8211; engage un scribe de plus &#8211; Bartleby &#8211; dans son cabinet. D&#8217;abord exemple d&#8217;assiduité, l&#8217;employé refuse soudain d&#8217;accomplir certaines tâches. Puis toutes. Renvoyé, Bartleby ne quitte pas le cabinet. Plutôt que d&#8217;expulser son employé, le notaire préfère déménager. Mais le problème n&#8217;est pas résolu pour autant. Bartleby continue à hanter les murs de l&#8217;officine, si bien que le nouvel employeur, moins scrupuleux, le fait mettre aux fers. Venu lui rendre visite, le notaire le trouvera mort dans la cour. La chute n&#8217;est pas tant dans cette mort (plutôt prévisible) que dans le commentaire final du narrateur où l&#8217;on apprend qu&#8217;avant d&#8217;échouer dans ce cabinet, Bartleby aurait eu pour métier de brûler des lettres mises au rebut, des pardons amputés de destinataire, des bagues envoyées à des doigts depuis longtemps froids.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;histoire, vous le voyez, est plutôt simple, presque caricaturale. Mais en la racontant ainsi, on n&#8217;a rien dit. Ce qui vaut à la nouvelle sa postérité tardive, c&#8217;est la forme prise par le refus de Bartleby. Le scribe ne dit pas non, ne s&#8217;emporte pas. Pour démissionner de tout, il choisit la formule suivante: &#8220;je ne préférerais pas&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;">En se concentrant sur cette dernière, Deleuze a fait de Bartleby un résistant farouche, radical. Pour la plupart des lecteurs français, c&#8217;est dans ce prisme que le texte est apparu pour la première fois. Camus a beau avoir reconnu l&#8217;influence clef de la nouvelle de Melville sur l&#8217;absurde, c&#8217;est au philosophe qu&#8217;on associe le plus souvent le pauvre scribe.</p>
<p style="text-align: justify;">La thèse se défend: après tout, le refus de Bartleby, total, le conduit à la mort. Mais elle laisse beaucoup trop en-dehors. Benoit Vidal, dernier traducteur en date de du Bartleby de Melville ne <a href="http://remue.net/spip.php?article113" target="_blank">s&#8217;y retrouve pas</a>, pas plus que <a href="http://erea.revues.org/371#tocto1n13" target="_blank">Philippe Mengue</a>. Apparemment, même ceux qui voient dans Bartleby <a href="http://ombrages.free.fr/?Le-complexe-de-Bartleby" target="_blank">la métaphore classique (mais légitime) de l&#8217;écrivain</a> sont gênés par la vision de Deleuze. Et ce n&#8217;est clairement pas moi qui vais les contredire.</p>
<p style="text-align: justify;">La résistance de Bartleby n&#8217;a rien de la grandiloquence que lui prête Deleuze. Et la formule si célèbre est secondaire. Son refus est un refus mou qui ne vaut rien sans l&#8217;expression du scribe. Si vous avez le temps de jeter un oeil, regardez à quel point Melville multiplie les effets pour montrer que la phrase seule ne suffit pas. Le narrateur commence par croire qu&#8217;il a mal entendu, fait répéter le scribe caché derrière un panneau à deux reprises, puis finit par s&#8217;élancer vers Bartleby. Et là, c&#8217;est l&#8217;irruption du visage:</p>
<p style="text-align: justify;"><em>His face was leanly composed; his gray eyes dimly calm. Not a wrinkle of agitation rippled him. Had there been the least uneasiness, anger, impatience or impertinence in his manner; in other words, had there been anything ordinarily human about him, doubtless I should have violently dismissed him from the premises. But as it was I should have as soon thought of turning my pale plaster-of-Paris bust of Cicero out of door.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Vous me voyez venir. Si l&#8217;on tient à expliquer Bartleby par un philosophe, autant prendre Lévinas. Le &#8220;I would prefer not to&#8221; si célèbre ne fait que prolonger la détresse lue dans le visage. D&#8217;ailleurs, sous cet angle, plusieurs choses s&#8217;éclairent.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;abord, le fait que la dette du narrateur face à Bartleby soit contractée en une fois, dès le premier regard de détresse. L&#8217;évocation du visage et du mot reviendront à plusieurs reprises, mais ces nombreuses répétitions &#8211; qui ont tant fait rire la salle &#8211; n&#8217;apportent au récit que la nécessaire usure dramatique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, l&#8217;incapacité du narrateur à se désengager. Quoiqu&#8217;il entreprenne, le narrateur reste &#8220;encombré&#8221; par l&#8217;être du scribe. Incapable de congédier l&#8217;étrange hôte, le narrateur ira jusqu&#8217;à déporter son univers pour quitter Bartleby sans l&#8217;expulser. Vaine stratégie: la venue d&#8217;un autre employeur ne comble pas la dette contractée face au visage. Comme chez Lévinas, La responsabilité face à l&#8217;autre n&#8217;est pas cessible.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, la formule elle-même. Bartleby s&#8217;oppose, mais cette opposition tire toute sa force du fait qu&#8217;elle remet l&#8217;autre face à ses responsabilités. &#8220;Je ne veux pas&#8221; marque l&#8217;autorité, légitime la confrontation. &#8220;Je préférerais pas&#8221;, associé au visage, force l&#8217;autre à assumer la violence de son propre pouvoir.</p>
<p style="text-align: justify;">&#8220;Mais Lévinas est bien postérieur à Melville!&#8221; direz-vous. C&#8217;est vrai. And so what? On sait depuis Nelson Goodman que les nouvelles oeuvres redéfinissent les anciennes. Parler de figuratif en peinture n&#8217;a de sens qu&#8217;après l&#8217;apparition de l&#8217;abstrait. Autrement dit, Lévinas peut bien expliquer Melville même si Melville, nous sommes d&#8217;accord, n&#8217;avait pas Lévinas en tête au moment où il écrivait son texte. En fait, il pensait certainement à tout autre chose. Quelque chose dont je vous parlerai dans le prochain billet.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant, si vous voulez lire la nouvelle (en anglais), c&#8217;est <a href="http://teacherweb.com/VA/KingGeorgeHighSchool/MrsDibblesEnglishClasses/Bartleby-Scrivener.pdf">par ici.</a> Et si vous êtes gourmand, jetez aussi un <a href="http://www.laphamsquarterly.org/reconsiderations/pushing-paper.php?page=all">oeil ici</a>. On y parle de l&#8217;interprétation de Christopher Bollas sur Bartleby, mais aussi de Kafka et de Flaubert.</p>
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		<title>Suzanne, quelquefois</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 09:52:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Suisse]]></category>

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		<description><![CDATA[<div><a href="http://isaacpante.net/suzanne-quelquefois/"><img title="Suzanne, quelquefois" src="http://isaacpante.net/wp-content/uploads/2012/01/texte-Suzanne-Quelquefois.png" alt="Suzanne, quelquefois"  width="200" height="125" /></a></div><br/>Ces dernières années, mes maîtres sont étrangers. Pas que par le territoire. Par la langue. Hemingway et McCarthy m&#8217;ont déformé l&#8217;oeil, arrêté mon goût pour des styles plus secs. Les vivants de Kramer? Tombé des mains. Maurice à la poule de Matthias Zschokke? A reprendre un jour de pluie. Bref, …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Ces dernières années, mes maîtres sont étrangers. Pas que par le territoire. Par la langue. Hemingway et McCarthy m&#8217;ont déformé l&#8217;oeil, arrêté mon goût pour des styles plus secs. <em>Les vivants</em> de Kramer? Tombé des mains. <em>Maurice à la poule</em> de Matthias Zschokke? A reprendre un jour de pluie. Bref, à force, j&#8217;en suis venu à me dire que pour qu&#8217;un livre me plaise, il devait avoir traversé l&#8217;océan.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis voilà l&#8217;apéritif de Noël de la section d&#8217;informatique. On y parle code source, mais en Faculté des Lettres, la littérature n&#8217;est jamais loin. Au fil d&#8217;une discussion qui va des trois chevaux d&#8217;Erri aux si jolis du texan, un conseil d&#8217;une éponyme: lis<em> Suzanne, quelquefois</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Gabriel Zufferey. Difficile d&#8217;imaginer plus près. L&#8217;auteur est romand, voisin. Né en 44, il passe des sciences politiques au journalisme, présente le téléjournal, part en Asie pour le CICR, reprend la cravate et la voix lisse en 1974, abandonne l&#8217;écran pour le papier dès 81. Collaboration à l&#8217;Hebdo, réécriture pour l&#8217;Illustré, tâche modeste destinée à permettre une oeuvre.</p>
<p style="text-align: justify;">Choix payant. En 1987, voici <em>Suzanne, quelquefois</em>. Sur la quatrième de couverture, plus pompeuse que le livre entier, Nyssen et Py parlent d&#8217;un texte syncopé, &#8220;presque un scénario&#8221;. Va pour la syncope. Pas pour le scénario. Zufferey a réussi à livrer ses 24 heures de la vie d&#8217;une femme, en masquant son introspection.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est terriblement bien écrit, très pur. Un oeil féministe serait certainement écorché par la femme enfant, la recherche de l&#8217;homme qui saura enfin la saturer. Tant pis. C&#8217;est beau, vrai. Goûtez-moi ça:</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://isaacpante.net/wp-content/uploads/2012/01/texte-Suzanne-Quelquefois.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-521" title="Extrait de Suzanne Quelquefois (p.61)" src="http://isaacpante.net/wp-content/uploads/2012/01/texte-Suzanne-Quelquefois.png" alt="Extrait de Suzanne Quelquefois (p.61)" width="422" height="265" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Pas de mot à 5 dollars, une attention aux objets qui rappelle Layaz, notamment <em>Il est bon que personne ne nous voie</em> ou<em> ses Deux soeurs</em> (Michel, que dois-tu à Zufferey? Il faudra en parler). Côté diégèse, une économie de moyens qui donne lieu à de beaux parallèles (quand vous l&#8217;aurez lu, voyez comme les rails de Paul reviennent dans les Märklin de Jeff). Bref, tout ce que j&#8217;aime.</p>
<p style="text-align: justify;">Ou presque. Pas de doute, Zufferey aurait dû s&#8217;arrêter plus tôt. A trop vouloir forcer le ressort dramatique, l&#8217;auteur donne à son texte une chute dont il se serait bien passé. Suzanne et la déroute figurée de ses amants suffisaient à faire un drame. Le coup de théâtre final fait basculer dans le fait divers un récit jusque-là très poétique.</p>
<p style="text-align: justify;">Allez, je ne vous en dis pas plus. Oubliez ma dernière remarque. Lisez-le. Si vous ne l&#8217;avez pas encore réservé à la bibliothèque, j&#8217;ajoute ceci: <em>Suzanne quelquefois</em> contient, à ma connaissance, la plus belle description de l&#8217;orgasme féminin.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, merci Suzanne. Maintenant je vous laisse avec Zufferey. De mon côté, je vais voir si son <em>syndrôme du hérisson</em> est disponible. Quelque chose me dit que ce sera bien plus élégant que celui de Barbery.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #888888;"><em><a href="http://www.flickr.com/photos/madirakshi/2082689170/">Illustration : Rails de Madikarshi</a></em></span></p>
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		<title>Les règnes du partage</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Nov 2009 10:34:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Amis auteurs, que vous soyez scientifiques ou écrivains, adhérer à une société défendant vos droits est plus que jamais pertinent. Pro Litteris, moins connu en Suisse romande qu&#8217;allémanique malgré son caractère fédéral, s&#8217;en chargera gratuitement, moyennant une petite inscription en ligne et la déclaration de vos oeuvres dans leurs bases. …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Amis auteurs, que vous soyez scientifiques ou écrivains, adhérer à une société défendant vos droits est plus que jamais pertinent. <a href="http://www.prolitteris.ch/default1.asp">Pro Litteris</a>, moins connu en Suisse romande qu&#8217;allémanique malgré son caractère fédéral, s&#8217;en chargera gratuitement, moyennant une petite inscription en ligne et la déclaration de vos oeuvres dans leurs bases. En plus d&#8217;une session petits-fours annuelle et de trois ou quatre sous grattés aux bibliothèques, l&#8217;institution offre à ses adhérents un toit (au cas où l&#8217;art se montrerait vraiment ingrat avec les vétérans de la plume) et surtout des informations tant régulières (dans de splendides gazettes) qu&#8217;irrégulières (quand l&#8217;actualité le demande).</p>
<p style="text-align: justify;">Récemment justement, on parlait de Google. On sait que via une logique du partage, le géant du net cherche surtout à régner. Du côté des ayants droits (lisez éditeurs et distributeurs), freiner des quatre fers est devenu un réflexe. Et ce ne sont pas les récentes <a href="http://www.ecrans.fr/Murdoch-Google-Microsoft,8611.html">déclarations de Murdoch</a> quand à l&#8217;intolérable gratuité de l&#8217;actualité sur internet, qui infléchiront la tendance.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant que les acteurs économiques parviennent à la River au sujet du Google Agreement (remanié récemment encore), l&#8217;auteur forcé dès l&#8217;origine au deuil d&#8217;une solvabilité purement littéraire peut se réjouir de voir ses textes manifestes gagner en accessibilité. L&#8217;auteur de Passé par les armes, dont Google propose un <a href="http://books.google.ch/books?id=oi6eibgoyaoC&amp;pg=PP1&amp;dq=isaac+pante+pass%C3%A9+par+les+armes&amp;ei=kPsMS8-gJZzuygS_raH9Ag&amp;hl=fr#v=onepage&amp;q=&amp;f=false">copieux extrait</a> est de ceux-là.</p>
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		<title>Le ventre de Paris</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Apr 2009 09:01:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Pour les néophytes du monde de l&#8217;édition comme pour celui qui n&#8217;a avec lui que des rapports ponctuels, faire un saut dans les coulisses dérange. &#160; Si vous êtes des premiers, sacrifiez treize minutes au reportage de Michèle Rey et de Noé Salem. Si vous êtes des seconds, sautez aux …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="400" height="300" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="flashVars" value="language_code=fr&amp;playerKey=55911ece5f50&amp;skinKey=1171a309335d&amp;sig=iLyROoafJ_9E&amp;autostart=false&amp;advertise=1" /><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://sa.kewego.com/swf/p3/epix.swf" /><embed width="400" height="300" type="application/x-shockwave-flash" src="http://sa.kewego.com/swf/p3/epix.swf" flashVars="language_code=fr&amp;playerKey=55911ece5f50&amp;skinKey=1171a309335d&amp;sig=iLyROoafJ_9E&amp;autostart=false&amp;advertise=1" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" /></object></p>
<div style="width: 400px; text-align: justify;">Pour les néophytes du monde de l&#8217;édition comme pour celui qui n&#8217;a avec lui que des rapports ponctuels, faire un saut dans les coulisses dérange.</div>
<p>&nbsp;</p>
<div style="width: 400px; text-align: justify;">Si vous êtes des premiers, sacrifiez treize minutes au reportage de Michèle Rey et de Noé Salem. Si vous êtes des seconds, sautez aux tranches suivantes (05:31 à 07:08 et 09:39 à 10:39), pestez une fois pour toutes contre la marchandisation de la culture et, surtout, persévérez.</div>
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		<title>Protestantisme</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Mar 2009 10:11:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Méthodologie]]></category>
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		<description><![CDATA[Oublier Un Juif pour l&#8217;exemple, mercantile et orgueilleux. Laisser le soldat inconnu et à Ropraz son vampire. Se contenter d&#8217;arracher les bonnes pages, les bonnes phrases, comme celles-ci, extraites du Jonas de Chessex (p.15) qui soulignent avec pertinence le rapport entre écriture et prière, orgueil et humiliation: J&#8217;ai souvent comparé, …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oublier <em style="text-align: justify;">Un Juif pour l&#8217;exemple,</em><span class="Apple-style-span" style="text-align: justify;"> mercantile et orgueilleux. Laisser le soldat inconnu et à Ropraz son vampire. Se contenter d&#8217;arracher les bonnes pages, les bonnes phrases, comme celles-ci, extraites du </span><em style="text-align: justify;">Jonas</em><span class="Apple-style-span" style="text-align: justify;"> de Chessex (p.15) qui soulignent avec pertinence le rapport entre écriture et prière, orgueil et humiliation:</span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>J&#8217;ai souvent comparé, dans mes rêveries, l&#8217;écriture à la prière. L&#8217;une et l&#8217;autre s&#8217;exercent sous le signe de la transcendance. Il n&#8217;y a pas d&#8217;écriture à plat. Il n&#8217;y a pas de prière, même la plus maladroite ou la plus fragmentaire, qui n&#8217;élève celui qui prie au-dessus de lui-même. Il existe, chez les plus grands, des écritures timorées, prudentes, rétractiles, et comme rongées de l&#8217;intérieur par la mauvaise honte et l&#8217;horreur que s&#8217;inspire l&#8217;écrivain lui-même. Il existe une honte semblable chez celui qui prie, qui se sent indigne de ses voeux, et surtout de la transcendance à laquelle il les adresse. </em>Indignus sum qui orem<em>&#8230; J&#8217;ai connu des gens qui ne priaient plus parce qu&#8217;ils mesuraient leur mensonge à mesure qu&#8217;ils invoquaient Dieu. Et des écrivains qui n&#8217;écrivaient plus parce qu&#8217;ils étaient harassés par la vanité (ou par ce qu&#8217;ils croyaient telle) de leur propos. L&#8217;alcool, les amphétamines, l&#8217;épuisement dans le sexe des femmes, rien n&#8217;y faisait.</em></p>
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		<title>Amertumes</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Feb 2009 20:25:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le Livre de ma mère d&#8217;Albert Cohen n&#8217;était censé être qu&#8217;une petite distraction. Bref ouvrage d&#8217;une centaine de pages, couverture figurant une toile paisible d&#8217;August Macke, j&#8217;imaginais dans ces feuillets prendre congé de mes thématiques usuelles. Grossière erreur. Aux pompes funèbres générales où j&#8217;ai achevé sa lecture,  Le Livre de …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le Livre de ma mère</em> d&#8217;Albert Cohen n&#8217;était censé être qu&#8217;une petite distraction. Bref ouvrage d&#8217;une centaine de pages, couverture figurant une toile paisible d&#8217;August Macke, j&#8217;imaginais dans ces feuillets prendre congé de mes thématiques usuelles. Grossière erreur. Aux pompes funèbres générales où j&#8217;ai achevé sa lecture,  <em>Le Livre de ma mère</em> ne détonnait pas. S&#8217;il s&#8217;agit bien d&#8217;amour filial, s&#8217;il s&#8217;agit bien de quelques souvenirs rassemblés, l&#8217;ensemble évoque davantage le pot pourri que le frais bouquet.</p>
<p style="text-align: justify;">Attention. N&#8217;y voyez aucune critique. Comprenez simplement que s&#8217;il s&#8217;agit certes de mère, il s&#8217;agit avant tout de mort. Que si l&#8217;opus s&#8217;intitule <em>Le livre de ma mère</em>, on aurait tout aussi bien pu l&#8217;appeler <em>Le Livre de ma mort</em> tant y est aiguë l&#8217;expérience de ce deuil à nul autre pareil, tant y est intime la douleur ressassée, encore et encore, selon la génétique textuelle propre à Cohen.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la perspective résolument athée de l&#8217;ouvrage, la mort de la mère se double d&#8217;une portée métaphysique. Ce corps qui se désagrège dans la terre carnivore (terre souvent évoquée au fil des pages, comme s&#8217;il était possible, dans l&#8217;horreur de la putréfaction, dans la contemplation résolue de cette transformation, de se tenir au plus proche de la vérité humaine) ce corps donc a raison de toutes les raisons et confine l&#8217;individu à une indépassable solitude en souffrance(s). L&#8217;origine du monde anéantie, il ne reste que des fins qui tardent à venir.</p>
<p style="text-align: justify;">Ton crépusculaire, horizon à la Cioran. Avec pareille noirceur, la référence est inévitable. Mais à choisir l&#8217;archétype du désespoir, on risque de manquer la singularité d&#8217;un genre. En plus des nombreux avatars cités dans l&#8217;appareil critique du folioplus consacré au tombeau poétique offert par Cohen à sa mère, il faudrait également ajouter l&#8217;encore inédit <em>Journal de deuil</em> de Roland Barthes (quelques extraits <a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/20090129/10304/je-ne-suis-pas-en-deuil-jai-du-chagrin">ici</a>) et <em>Entretien avec ma mère</em> des frères Taviani, belle invention sur l&#8217;impossible oeuvre de Pirandello à sa mère décédée dans laquelle la rupture de l&#8217;intersubjectivité apparaît avec la plus grande force.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce court-métrage, errant dans la demeure familiale abandonnée, le vieux Pirandello s&#8217;assied et rencontre le fantôme de sa mère qui tente en vain de le consoler de son absence. Elle: &#8220;Tu pourras toujours penser à moi&#8221;; lui: &#8220;Mais toi, tu ne penseras plus jamais à moi.&#8221;</p>
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		<title>Tristes mérites</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Jul 2008 00:48:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Recension]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>

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		<description><![CDATA[J&#8217;ai découvert aujourd&#8217;hui le dernier récit de Jean-Denis Bredin et son indéniable congruence. Ce que l&#8217;auteur se propose de décrire dans Trop bien élevé en livrant les (brèves) mémoires de ses premières années est surtout montré à même la narration. Tout au long du récit, l&#8217;écriture demeure excessivement polie, évoquant …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai découvert aujourd&#8217;hui le dernier récit de Jean-Denis Bredin et son indéniable congruence. Ce que l&#8217;auteur se propose de décrire dans <em style="text-align: justify;">Trop bien élevé</em><span class="Apple-style-span" style="text-align: justify;"> en livrant les (brèves) mémoires de ses premières années est surtout montré à même la narration. Tout au long du récit, l&#8217;écriture demeure excessivement polie, évoquant événements et personnages avec une pudeur toute bourgeoise. Privée d&#8217;innovation formelle et de scènes remarquables, la qualité de l&#8217;oeuvre se trouve donc entièrement contenue dans la vérité qu&#8217;elle illustre, une vérité qui (à défaut d&#8217;emporter le lecteur dans une quelconque révolte) parvient à se montrer très touchante. Car même parvenu à presque 80 ans (l&#8217;auteur est né en 1929) Jean-Denis Bredin livre ici un ouvrage définitivement empêché, prude, et qui confirme cette prophétie qu&#8217;il comporte:</span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Excusez-moi, oui, excusez-moi si je suis là, car je vous gêne. Si vous m&#8217;avez bousculé, c&#8217;est que je n&#8217;aurais pas dû me trouver sur votre chemin. Si vous êtes de mauvaise humeur, je dois y être pour quelque chose. Comment vivre, marcher, respirer sans déranger? Frapper avant d&#8217;entrer, s&#8217;effacer dans les portes, sourire, toujours sourire&#8230; Il ne suffira pas d&#8217;une vie entière pour se faire pardonner d&#8217;exister.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Bien moins dense et virulent que <em>Mars</em> de Fritz Zorn, <em>Trop bien élevé</em> se montre donc tout aussi tragique en offrant le portrait discret d&#8217;un homme incapable, jusque dans ses dernières années, de vaincre les conditionnements de son enfance. Les deux ouvrages mis côte à côte et les destins funestes comparés, une résolution s&#8217;impose: puisqu&#8217;<em>il y a des morts auxquels la mort convient</em>, il faut s&#8217;efforcer, à tout prix, de ne pas en être.</p>
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		<title>Concordance des temps</title>
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		<pubDate>Sun, 27 Jul 2008 12:34:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Méthodologie]]></category>

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		<description><![CDATA[C&#8217;était hier. Nous posions pour la première fois les pieds à Ropraz. Bien plus qu&#8217;un village, le nom désigne des terres patientes et des paysages qui appellent à la contemplation. Horizon sans lac, mais tout aussi changeant à mesure que la lumière décline sur la campagne multicolore, le lieu facilite …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;était hier. Nous posions pour la première fois les pieds à Ropraz. Bien plus qu&#8217;un village, le nom désigne des terres patientes et des paysages qui appellent à la contemplation. Horizon sans lac, mais tout aussi changeant à mesure que la lumière décline sur la campagne multicolore, le lieu facilite les pactes diaboliques et dispose les plus citadins (dont je pensais être davantage) aux marchandages de toutes sortes.</p>
<p style="text-align: justify;">Envier la sérénité d&#8217;un tombeau, la tranquillité et le silence que partagent pour l&#8217;essentiel des personnes parvenues au bout du chemin&#8230; Tout de même, étrange rêve pour un jeune homme de presque 27 ans qui devrait courir le monde et s&#8217;enivrer d&#8217;ailleurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors certes le simple préserve l&#8217;énigme. Bien sûr le vide, que le contemporain écarte, a aussi sa plénitude. Mais il y a plus si l&#8217;on en croit un ogre tapi sur ces mêmes terres, un plus qui n&#8217;est &#8211; une fois encore &#8211; pas étranger à la littérature:</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Avoir vingt ans et être plus âgé qu&#8217;aujourd&#8217;hui, épuisé de ma propre faiblesse, hanté de rythmes, de sons, de syntaxes, d&#8217;images à figurer et que je ne figurerai pas, de récits à écrire que je n&#8217;écrirai peut-être jamais, de poèmes à saisir un jour dans mes cavernes, de livres dont je ne vois pas comment assurer l&#8217;existence.<br />
Hantise de ce que j&#8217;ai à faire de l&#8217;écriture. Des poésies, des romans à écrire, dont je m&#8217;imagine à la fois le maître et le traître. Devant la profondeur encore grise, parfois ironiquement lumineuse de ce qui attend en grâce, en menace, et je vais anxieusement de l&#8217;une à l&#8217;autre. Mauvaise vie.<br />
Ces années-là, qu&#8217;est-ce qui me manque? C&#8217;est l&#8217;usage du temps. Son bon usage comme on dit de celui de la grammaire.</em></p>
<p style="text-align: right;">(<em>Le simple préserve l&#8217;énigme</em>, Jacques Chessex, pp.26-27)</p>
<p style="text-align: justify;">En plus du temps usuel, il y a pour l&#8217;auteur un temps de l&#8217;écriture, temps gangrène qui menace de paralysie une vie entière si on le laisse s&#8217;étendre.  A ce mal, certains (dont notre ogre) répondent par l&#8217;hygiène. D&#8217;autres la refusent. Le débat n&#8217;est pas neuf et tourne souvent à la monographie, mais ce qui est certain, c&#8217;est que l&#8217;auteur, d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre, se doit de maîtriser la concordance des temps.</p>
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		<title>Procrastinations</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Jul 2008 20:26:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Isaac Pante</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Psychologie]]></category>

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		<description><![CDATA[La vie quotidienne offre mille occasions de nous en remettre à la &#8220;procrastination&#8221;. Si l&#8217;étymologie latine se lit avec clarté dans ce terme savant, elle ne suffit pas à couvrir l&#8217;intension du concept, et encore moins ses connotations négatives. &#8220;Remettre au lendemain&#8221; a beau décrire avec exactitude le processus, la …]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La vie quotidienne offre mille occasions de nous en remettre à la &#8220;procrastination&#8221;. Si l&#8217;étymologie latine se lit avec clarté dans ce terme savant, elle ne suffit pas à couvrir l&#8217;intension du concept, et encore moins ses connotations négatives. &#8220;Remettre au lendemain&#8221; a beau décrire avec exactitude le processus, la phénoménologie qui accompagne une telle démarche fait défaut.</p>
<p style="text-align: justify;">Car la procrastination, c&#8217;est avant tout un présent hanté. C&#8217;est avant tout le résultat d&#8217;une attitude qui, sous prétexte de libérer du temps, revient en réalité à prendre ce dernier en otage. De là son caractère négatif: comprise en son sens usuel, la procrastination revient le plus souvent à &#8220;perdre son temps&#8221; sous un quelconque prétexte, ainsi que l&#8217;illustre cet épisode de <em>Tales of mere existence</em> du désormais bien connu Lev Yilmaz.</p>
<p style="text-align: center;"><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/4P785j15Tzk&amp;hl=en&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/4P785j15Tzk&amp;hl=en&amp;fs=1" allowFullScreen="true" allowfullscreen="true" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Du prétexte au pré-texte il n&#8217;y a qu&#8217;un pas, d&#8217;autant que la procrastination fait partie intégrante de l&#8217;expérience littéraire. Car s&#8217;il s&#8217;agit bien &#8211; avec Flaubert -  de boire un océan et de le repisser, quand arrêter de boire sachant qu&#8217;on ne pourra jamais absorber l&#8217;immensité des flots? Si l&#8217;écriture est &#8211; avec Blanchot &#8211; aussi et surtout affaire de la main qui retient, quand se résoudre à l&#8217;écarter pour noircir des pages? Même Valéry avait à ce propos une maxime: <em>après quelques assauts infructueux, ne renonce pas, n&#8217;insiste non plus. Mais garde ce problème dans les caves de ton esprit où il s&#8217;améliore. Changez tous les deux</em>. Sage précepte assurément, mais qui n&#8217;évoque une fois de plus aucun critère à même de déterminer à l&#8217;avance si, dans l&#8217;ombre des celliers, le vin devient millésime ou tourne au vinaigre.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut de circonscrire le concept, nous pouvons cependant nous satisfaire d&#8217;un <em>air de famille,</em> préférer une extension nécessairement incomplète à une intension nécessairement bancale, faire, en somme, un inventaire des situations où la procrastination est hors de tout doute.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est justement une telle approche qu&#8217;a choisi Johnny Kelly avec (à mon sens) beaucoup de réussite. Je vous laisse avec cette séquence, en souhaitant qu&#8217;elle nous mènera ensuite  à des tâches plus productives.</p>
<p style="text-align: center;"><object width="425" height="344" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/ojcEQO74taQ&amp;hl=en&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="425" height="344" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/ojcEQO74taQ&amp;hl=en&amp;fs=1" allowFullScreen="true" allowfullscreen="true" /></object></p>
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