A Adelboden

Critique du recueil érotique d’Antoine Jaccoud

A Adelboden

Vous connaissez Antoine Jaccoud? Je ne parle pas de ses oeuvres (« Home », « L’enfant d’en-haut »), je parle de l’homme. Croyez-moi, c’est quelqu’un. Si vous en avez l’occasion, offrez-lui un verre. Laissez sa nonchalance cynique poncer vos illusions. S’il érafle, c’est toujours pour trouver le tendre, la viande encore rouge.

Cette bonne chère, il l’a déposée dans un livre. Les textes érotiques lus au Bourg, à Romainmôtier et ailleurs ont pris racine chez Humus. Ce qu’on perd en voix, les dessins d’Isabelle Pralong le rendent à leur manière: une sensualité étrange, une générosité méfiante.

Soyons clairs: Adelboden ne se lit pas d’une main. Il y a du Lacan dans cette façon de traiter le sexe. Amateurs de peep show, passez votre chemin. C’est nettement moins que du cul, donc foutrement plus que ça. Jaccoud le dit d’emblée:

Ce qu’il y a d’intéressant dans le sexe, c’est la dimension non sexuelle: tout ce qu’il y a derrière, dessous et à côté de ce bazar. Voilà probablement le véritable objet d’Adelboden, recueil de souvenirs réels ou fantasmés voués à mettre à nu la petitesse comme la grâce associées à nos pratiques.

Au final, on se retrouve avec des annonces classées, “le bruit que ça fait”, une soirée échangiste avortée.

Au final, il y a une folle en costume de folie, une femme au bord d’une piscine, un cancer et plus de sein, des croquettes.

Au final, c’est mission accomplie.

Prenez un ticket pour Adelboden. C’est un voyage en première classe.

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